Réflexions ostéopathique et bio mécanique sur le diaphragme et l’estomac chez le chien.
Voici un résumé et un partage de mes connaissances à ce sujet, une simple observation de cas cliniques depuis ces dix dernières années et mes conclusions personnelles.
Observations :
En canine on oublie trop souvent que les problèmes gastriques sont à l’origine de nombreux inconforts et donc de contre-performances et qu’ils s’inscrivent parfois dans un schéma de dysfonctions globales. Ce sujet est encore bien trop négligé en canine et pour autant très présent notamment chez les chiens de sport.
On entend encore trop souvent ce genre de discours :
- Mon chien mange de la terre ou des cailloux,
- Il baille dans un contexte précis,
- Il montre des inconforts dans certaines postures, des difficultés à sauter…
- Il a des difficultés ou des comportements étranges avant, pendant ou après le repas,
- Son comportement a changé depuis qu’il a eu ce long traitement anti inflammatoire, antibiotique ou depuis son intoxication…
Non tout cela n’est pas normal !
Si votre chien est à jour de ses vermifuges et ne présente pas de troubles du comportement, il est important de faire un premier point avec votre vétérinaire pour aller vérifier son estomac et exclure notamment un ulcère.
En équine nous avons facilement accès à ce diagnostic par la prise de sang et gastroscopie, j’en conviens qu’aujourd’hui en canine cela n’est pas aussi accessible… Chez le chien âgé ce tableau clinique est aussi souvent hélas en lien avec la présence de masse tumorale… Il est donc important d’exclure toutes pathologies en premier lieu.
Analyses :
Cela nous amène à la réflexion suivante :
Des chiens dit « sains » présentent alors un tableau clinique commun :
Des dorsalgies/lombalgies chronique (dites musculaires : radios effectuées et colonne « saines »), des difficultés à sauter ou avoir une foulée ample ou encore à maintenir des postures.
Une vulnérabilité au stress : des chiens stressés par l’excitation, mais aussi sensibles émotionnellement, présentant des contreperformances dans des situations précises et des inconforts à tenir une posture.
Des problèmes digestifs : chiens ayant du mal à prendre du poids, à rester en état, présentant des signes de ballonnements, de bâillement, des diarrhées ou constipations.
Des faiblesses respiratoires : problème de récupération post-effort, faible capacité cardio-respiratoire malgré l’entrainement, présentant de l’apnée en situation stressante, excitante ou à l’effort.
Tous ces chiens réagissent de manière très positive à l’ostéopathie, la médecine chinoise, la phytothérapie digestive et le travail sur l’environnement sur le stress et l’émotivité….
Mais pourquoi donc ?
L’acidité gastrique :
Une fois la gastrite écartée (inflammation de la paroi de l’estomac), pourquoi mon chien pourrait-il souffrir de brulure d’estomac ?
Tout simplement par variation de l’acidité gastrique et de son augmentation en fonction de l’individu, de l’anamnèse (anciens traitement ou pathologies), de l’alimentation, du stress, de l’état émotionnel…
En résumé l’équilibre est perturbé. Cela est également en lien avec une façon trop rapide de manger. Tout cela peut donc provoquer des remontées d’acide gastrique et de l’inconfort. Ces chiens réagissent en général très bien au changement d’alimentation, à la phytothérapie digestive et au Phosphalugel.
Reflux gastrique en fonction de la posture :
Si mon chien ne souffre pas de méga –œsophage pourquoi pourrait –il avoir des remontées ? Tout simplement parce que dans certaines postures d’un point de vue biomécanique l’estomac est « remonté » ou compressé et donc comme sur un excès de pression cela favorise un inconfort. C’est le cas de la posture assise, de certaines phases de sauts, de la position de rassembler en comparaison cheval….
Le diaphragme :
Un muscle trop négligé ? L’abdomen qui contient l’estomac, l’intestin, le foie et le pancréas, est une cavité qui est limité en haut par le diaphragme, le muscle de la respiration, qui le sépare du thorax où se trouvent le cœur et les poumons.
« Le diaphragme est le muscle respiratoire principal. Associé aux muscles intercostaux, il assure la mécanique de la respiration en alternant les mouvements d’inspiration et d’expiration. Il s’attache à la fois derrière sur la colonne vertébrale, sur les côtés au niveau des côtes et devant au niveau du sternum. Eh oui, il fait tout le tour ! A l’inspiration, le diaphragme et les muscles intercostaux se contractent. En se contractant, le diaphragme s’abaisse et s’aplatit. Sous l’action des muscles intercostaux, les côtes remontent ce qui élève la cage thoracique et pousse le sternum vers l’avant. Le thorax augmente alors de volume, sa pression interne diminue ce qui provoque un appel d’air extérieur. Résultat : l’air pénètre dans les poumons. La fréquence de la contraction du diaphragme définit la fréquence respiratoire. À l’expiration, le diaphragme et les muscles intercostaux se relâchent, ce qui provoque une descente des côtes tandis que le diaphragme s’élève pour reprendre sa position initiale. Petit à petit, la cage thoracique s’abaisse, son volume diminue ce qui augmente sa pression interne. Par conséquent, les poumons se rétractent et l’air s’en échappe. »
Schéma lésionnel global :
Que ce passe t-il dans l’ensemble de l’organisme une fois que le diaphragme est en dysfonction ? Le diaphragme a alors tendance à rester dans sa position basse et à comprimer continuellement les organes de l’abdomen jusqu’au bassin. Il génère alors de multiples tensions dans l’organisme et des désagréments souvent sans gravité. Comme par exemple :
- Dysfonction du plexus solaire, sensation d’oppression, douleurs paravertébrales.
- Du ballonnement due à la pression continue dans l’abdomen
- Dysfonction et modification posturale au niveau du dos
« Les attaches du diaphragme notamment sur la colonne vertébrale sont communes à d’autres muscles comme le psoas ou l’iliaque. Une tension du diaphragme a une répercussion globale sur le corps et sur la posture avec une respiration plus réduite car le mouvement du diaphragme est plus limité. L’expiration du CO2 est également incomplète. »
Ce schéma nous amène a encore pousser a une réflexion plus globale de ces dysfonctions et met en lumière un autre muscle responsable de nombreuses dysfonctions, le Psoas.
Estomac douloureux, digestion et transit perturbé, car le diaphragme abaissé exerce une pression continue sur le foie, l’estomac et bien d’autres organes comme le pancréas, les intestins…
Le même schéma s’applique au coeur et au système circulatoire, plus particulièrement au retour veineux.
Une hernie hiatale (déplacement de l’estomac par pression continue du diaphragme) avec de possibles remontées acides dans l’oesophage.
Races et individu :
Un facteur génétique ? Pas prouvé aujourd’hui mais concrètement certaines races y sont prédisposées ainsi que certaines lignées comme notamment chez le berger belge…
Comment aider mon chien ?
Comme déjà dit auparavant, consultez avant votre vétérinaire puis dans un second temps un ostéopathe.
- Plâtre digestif en situation de stress et avant l’effort ou avant les repas.
- Traitements de fond en phytothérapie sur l’aspect digestif et éventuellement couplés à des traitements sur l’aspect émotionnel.
- Faire le point sur l’alimentation et choisir une alimentation adaptée.
- Mettre une gamelle anti-glouton ou autre pour éviter que le chien « avale » trop vite et mastique.
- Anticipé les situations de stress, d’excitation, d’émotivité.
- Travailler sur la respiration.
- Mettre en place des routines, améliorer les circuits d’échauffement et de récupération.
- Consulter en médecine chinoise (acupuncture par exemple).
- Surveiller l’état d’hydratation du chien …
Pauline Mignot
TEL : 06.89.14.55.54 | Mail : pm.osteopathe@gmail.com
